Un pilote dans l’avion
Ainsi donc, dans quelques heures, nous aurons choisi le nouveau Président de la République qui conduira le pays pour les cinq prochaines années. La campagne fut longue, très longue même. Mais elle fut passionnante de l’avis des citoyens qui, ô divine surprise, se sont déplacés en masse au premier tour. La participation historique n’est pas le moindre des aspects positifs de cette élection 2007 qui en comporte d’autres : la présence d’une femme au second tour et pour la première fois dans l’histoire, les programmes détaillés des candidats qui, quoi qu’on en dise, permettent quand même de se déterminer en toute clarté, des candidats opportunistes moins nombreux qu’en 2002 (12 au lieu de 16)… Caractéristique moins positive, on peut bien sûr regretter que la politique étrangère et européenne ait si peu nourri les débats. Le débat télévisé de mercredi soir en a encore fait la triste démonstration ! Mais on est ainsi fait nous, les Français, qu’on se prend pour le centre du monde et qu’on feint d’ignorer que notre avenir dépend essentiellement de ce qui se passe en dehors de nos frontières ! Ces grandes questions internationales ne tarderont pas à ressurgir dans l’actualité et c’est à ce moment là qu’on mesurera si le pilote qu’on se sera choisi, aura les épaules suffisamment large pour tenir le manche. Car, contrairement à ce que l’on croit, on élit moins dimanche le porteur d’un programme en forme de catalogue de la Redoute qu’un pilote pour l’avion France. Quand le commandant d’un Airbus décolle, il a un plan de vol et il sait a priori quelles sont les intempéries qu’il risque de rencontrer. Mais il ne peut localiser précisément et à l’avance tous les orages ou les toutes les bourrasques. Il ignore quel sera le comportement de ses passagers, leurs possibles problèmes de santé ou les incidents techniques qui peuvent survenir. Il y a donc intérêt à ce que ce pilote ait les nerfs solides, l’expérience suffisante et quelques convictions bien chevillées au corps pour faire face à toutes les situations possibles et même inimaginables au moment du départ.
Alors bien sûr, tout ne nous plaît pas forcément dans le programme de chacun des deux finalistes de dimanche. Mais il faudra bien pourtant faire un choix. Sinon le meilleur, du moins le moins mauvais. Ce choix devrait s’appuyer sur quelques questions simples mais essentielles : quelle politique pour l’emploi, l’immigration ou le développement durable, quelles réponses aux problèmes éthiques et de société (euthanasie, recherche sur l’embryon, famille…), quelles solutions aux problèmes que rencontre l’Europe, quelle place pour le pays dans le concert des nations ? Autant de sujets qui seront du ressort de celui ou de celle que nous nous apprêtons à élire. Sachant qu’il n’aura pas toutes les réponses à nos préoccupations individuelles mais qu’il appartient à chacun de nous de s’engager dans les milieux associatifs, culturels ou politiques pour continuer à peser tout au long du mandat, sur les choix ordinaires qui seront faits.
Bon vote dimanche !
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